Colette Zytnicki, Draria, microhistoire de la Mitidja, Algérie

Colette Zytnicki 

Un village à l’heure coloniale, Draria, 1830- 1962, Belin, 2019, 320 p. est une monographie d’un centre de colonisation en Algérie, devenu  dans les années 1960 une banlieue d’Alger. Colette nous dit qu’elle ne pouvait choisir que ce « village », parce que ses grands-parents « en étaient », sans qu’elle en dise plus. Dans le style de Alain Corbin (Le Monde retrouvé de Louis-François Pinagot. Sur les traces d’un inconnu (1798-1876), le récit vivant de la « cohabitation » des « colons » et des « indigènes », d’après de riches archives, dans lesquelles bien sûr le côté « français » est beaucoup plus fourni. Si l’on en croit la bibliographie de l’ouvrage, on ne recense que deux autres histoires locales de ce type en Algérie : La Calle et Fleurus. Chez les sociologues décrivant le « contemporain » de leur époque, rien pour l’Algérie, compensé par deux classiques, en Tunisie (Jean Duvignaud Chebika, 1968) et surtout au Maroc (Jacques Berque, « Structures sociales du haut atlas » PUF 1955) et quelques ouvrages de géographes (presque toujours au Sahara…). Ce faible nombre de travaux sur les sociétés locales au Maghreb s’explique: l’accès aux sources de l’administration coloniale pour le chercheur suppose qu’il y appartient ou qu’il y a un lien privilégié. Même chose pour la société « pied noire » ou pour la société « indigène ».

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