4 octobre 2019: Conférence de Bachir Dahak sur le Hirak algérien, à l’Espace diversité.

Quelques notes, prises à la volée:
Bachir Dahak est l’auteur de les Algériens, le rire et la politique. Paru chez « tel quel » en 2010. 

Le Hirak tire un bilan catastrophique des libertés publiques dans les trois pays du Maghreb et en même temps une corruption généralisée. 

Benchikou (journaliste), avait peur d’un mouvement populaire sans organisation et sans leader. 

Le transfert des rentres publiques vers les rentes privées par l’apparition des oligarques, les nouveaux entrepreneurs algériens (le groupe Khalifa, Nancy, Condor, Ben Amor, sur les ruines des entreprises d’État). Et ce transfert a eu lieu pendant la décennie noire. 

Suspicion de manipulation, amplifié par Bouteflika.

Une guerre de clans se fait entre les généraux, avec un redéploiement d’alliance. 

Le général Abdelkader Bensalah était déjà dénoncé comme corrompu en 2004. 
Bachir parle de l’autoroute Est-Ouest qui passe de 4 à 16 milliards. 

Mais l’État a de moins en moins de moyens financiers pour acheter la paix sociale. 

La Cour des Comptes est gelé depuis l’arrivée de Bouteflika. 

La manne pétrolière des années 2000 avait permis le don des réserves foncières aux oligarques. Beaucoup de pays européens ont alerté l’Algérie sur les transferts de fonds. 

Beaucoup de députés sénateurs ont acheté leur poste. Saïd pendant trois ans au moins a utiliser le cachet de son frère. Le scandale du cinquième mandat, l’allégeance, un cadre vide, a engendré une humiliation. 

Même l’UGTA était devenu un relais aux oligarques. 

En 2014, le mouvement contre le quatrième mandat s’est arrêté avec le chaos organisée dans le M’zab entre les mozabites et les voyous… Chaos organisé par le pouvoir.

Ce qui est enclenché le mouvement c’est la manifestation des médecins. 

Et puis c’est le retour des manifestations à Alger qui étaient interdites depuis 2001.

Le premier mouvement c’est Barakat 

Le deuxième mouvement c’est la révolte contre la Moudawanna, le code de la famille, qui a été réprimé très durement.

La c’est une nouvelle société algérienne, ni Arabie Saoudite, ni Afghanistan, et c’est l’aspiration à la modernité, et ce sans violence. Jusque-là les émeutes localisées dans les petites villes n’inquiétaient pas le pouvoir. 

La coordination nationale des chômeurs avec un leader (qui était en Kabylie, en tant que militaire, lors des massacres : 128 morts) le jeune Hadj Ghermoul, qui vient de sortir de prison et est revenu dans les manifestations.

Un dernier événement déclencheur, ce sont les stades, avec des tribunes politiques, avec des chansons subversives. C’est un phénomène connu aussi à Istanbul au Caire à Tunis. 

Le mouvement est civique, discipliné, il ramasse les ordures, il est solidaire, il est multi-langue, il est très lié à la visibilité des réseaux sociaux, en reprenant des formes vues dans d’autres pays. 

Cela va du « dégagez » au « ils doivent rendre des comptes ». 
C’est aussi l’expression des classes moyennes… Des avocats des magistrats. C’est la défense de l’État de droit. 
Il passe en revue les critiques, les scandales des contrats d’armement…

Débat.

Il existe un comité toulousain de jeunes algériens, qui organise pour le 6 octobre, un rassemblement pour la libération de tous les prisonniers devant le consulat.

L’avenir ? Trois scénarios possibles : 
Premièrement, une répression massive qui n’a pas eu lieu. 
Deuxièmement une armée qui protège le peuple comme au Portugal ou en Tunisie. Or, depuis mars beaucoup de militaires sont emprisonné ou exilés
Troisièmement, le dégagement de Salah, mais ce n’est pas certain.

C’est le Hirak qui impose l’agenda politique, qui refuse les élections du 22 décembre, mais tous les éventuels leaders sont immédiatement mis en prison.

23 millions d’Algériens sont sur Facebook, 33 millions d’Algériens ont des smartphones. Donc la répression ne peut plus se faire en catimini. « Le drame pour vous c’est que vous ne connaissait rien de nous alors que nous connaissons tous de vous ».

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